Ils ne payaient pas l’autoroute

Jordi et José sont de Cassà de la Selva, deux catalans qui ont du mal à s’exprimer en espagnol et qui passent au catalan dès qu’ils le peuvent, heureusement la traductrice d’espagnol comprend très bien cette langue. Deux chauffeurs de poids-lourds qui avaient trouvé une façon très économique pour passer les péages.

 

 

 

La société Salvi de transport routier appartient au frère aîné José 41 ans, il a un prénom espagnol, car il est né pendant le franquisme, son jeune frère, est son employé, il est né après la mort du dictateur et a eu le droit de porter un prénom catalan, il a 35 ans. Les ASF Autoroutes du Sud de la France ont repéré leur manège. Ils passent d’abord au portique du péage avec leur badge sur le pare brise, puis reculent de quelques mètres et repasse à nouveau en masquant le badge, ils prennent alors un ticket et ressortent, dès que possible de l’autoroute, et paieront le trajet minimum. Puis ils iront faire leurs livraisons en Haute-Garonne, à leur retour ils refont la manœuvre en l’envers et leur badge n’aura enregistré qu’un court trajet. Une fois l’opération repérée, les employés des ASF, n’auront plus qu’à vérifier leurs ordinateurs pour avoir exactement le nombre de manœuvres frauduleuse des deux frères, 498 pour le premier et 342 pour le second, c’est-à-dire un manque à gagné de 13 249,90 euros pour l’un et de 8493,93 euros pour l’autre. A ce prix, une souricière sera tendu par la gendarmerie et elle permettra de capturer les deux camionneurs qui iront passer quelques temps en prison, jusqu’au jour de leur comparution immédiate.

 

Ils veulent réparer leurs torts

Devant le président du tribunal, ils reconnaissent les faits, désirent payer au plus vite ce qu’ils doivent, et veulent rentrer chez-eux pour reprendre le travail, dès possible. Ils ont du mal à retenir leurs larmes, ce ne sont pas des escrocs professionnels, et n’avaient pas mesuré la portée de leur geste. Du moins c’est ce qu’ils expliquent au tribunal. Le procureur Danlos va relever que le préjudice subi par l’état qu’il représente, est double, d’abord le manque a gagné des ASF qui payent leurs taxes et la concurrence déloyale de transporteurs qui deviennent automatiquement, plus compétitifs, que leurs collègues français, qui eux, payent les trajets d’autoroute. Il demande la confiscation d’un des deux camions, celui qui est fini de payer par l’entreprise. Ils seront reconnus coupables tous les deux et condamnés à six mois de prison avec sursis, à une amende chacun de 4000 euros, plus 600 euros de frais de justice, enfin à rembourser aux ASF, la somme de 22424,30 euros. La bonne affaire, devient une très mauvaise affaire, notamment en temps de crise. Aucun des deux tracteurs ne sera confisqué, mais ils seront immobilisés 21 jours, le temps que les frères Salvi commencent à payer leur dû aux ASF. Ils ont négocié un échelonnage des paiements qui a été accepté.

 

Des ASF peu généreuses avec les contribuables. 

Les gendarmes raccompagnent les deux prévenus à l’extérieur, ils sont libres. Dans le cadre de cette affaire, les gendarmes ont été immobilisés tous le matin au tribunal, auparavant, ils ont dû monter une surveillance pour arrêter les prévenus. Les gendarmes circulent régulièrement sur les autoroutes du Sud de la France pour surveiller leur bon fonctionnement. Ils travaillent en fait pour les ASF. Pourtant, si jusqu’à présent les véhicules de gendarmerie ne payaient pas leur circulation sur autoroute de Perpignan à Montpellier, aujourd’hui, ils n’ont droit à la gratuité que e Perpignan à Narbonne et le contribuable doit payer le reste. Moralité, les frères Salvi ont couté beaucoup moins cher à la collectivité que ce que lui coûte aujourd’hui le transport des forces de l’ordre, qui lorsqu’elles sont occupés à surveiller ces mêmes autoroutes, sont soustraites à la surveillance de la population qui les paye.

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