Garde à vue pour le conservateur Jacques Deloncle

Samedi 1 décembre, le conservateur du Castillet de Perpignan, Jacques Gaspard Deloncle a été mis en garde à vue, suite à une plainte du maire Jean-Marc Pujol, au nom de la mairie de Perpignan.

Il avait été dénoncé à ses supérieurs hiérarchiques, par un employé de la mairie, qui a reconnu dans la vitrine d’un antiquaire de la place Gambetta, la tête d’une vierge, une sculpture faisant partie du patrimoine de la chapelle de la Soledad, dans le quartier de La Réal. Après une courte enquête, l’antiquaire a fourni le numéro du chèque et la facture signée par le conservateur en personne. Jacques Deloncle a été libéré en soirée, après avoir reconnu les faits. Sa garde à vue a été motivée pour la vente de ce seul objet, mais l’enquête va remettre à jour d’autres affaires de disparitions d’antiquités au Castillet, notamment une partie d’une croix badine en grenat qui a été dérobée dans une vitrine fermée à clé. Une grande partie de ces objets ont pour origine des legs ou des dons de Catalans désireux de voir leurs biens familiaux immortalisés pour devenir le bien de tous, dans un musée d’arts et de traditions catalanes. Ils sont dûment répertoriés dans un registre où très bizarrement, une partie, aujourd’hui encore, est écrite au crayon. Les trésors du Castillet ne sont pas enfermés uniquement dans cette ancienne porte des murailles de la ville, il existe un entrepôt au Mas Delfau, pour les pièces les plus grosses, par exemple les anciens corbillards hippomobiles de la ville, qui eux aussi auraient disparu. La Casa Pairal possédait, il y a peu, une collection de barques catalanes, au Barcarès. Un des policier qui a pu voir les réserves du Castillet où sont rangées les œuvres d’art, s’est effrayé, il a déclaré en ressortant, ce n’est la police qui devrait venir là, c’est la télévision. Les réserves seraient dans un état de crasse effrayant, un véritable capharnaüm préjudiciable pour tout ce qu’il contient. Jacques Deloncle est fils de Joseph Deloncle, ancien pharmacien et fondateur du musée d’art et traditions populaires du Castillet, mainteneur de la Flamme du Canigou. Une place de la ville porte le nom de son père, connu comme « el metge dels pobres », le médecin des pauvres. Père de l’actuel secrétaire général de la confrérie, Jacques Deloncle, directeur du musée catalan de la Casa Pairal, il avait mis toute son énergie, au lendemain de la guerre, pour ressusciter la procession du vendredi saint. Aujourd’hui encore, nombre de vieilles familles de l’aristocratie catalane – les Jonquères d’Oriola, de Massia, Ducup de Saint Paul, du Lac, etc. – se font un devoir d’entrer dans la confrérie. Jacques Deloncle a pris la succession paternelle au Castillet. Il a aujourd’hui 68 ans et était à quelques semaines de la retraite.

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