Deux affaires pratiquement identiques et pourtant …

 

Le Procureur Magnier n’aime pas les violences conjugales, il requiert toujours la même peine, huit mois avec sursis pour les casiers vierges et l’incarcération immédiate pour les personnes déjà condamnées. Il rappelle qu’en France, une femme périt chaque jour sous les coups de son conjoint.

Violences conjugales

M. Patrick est un haut fonctionnaire d’état,

Il a 61 ans et une carrière exemplaire. Divorcé et nommé en Nouvelle-Calédonie, il supporte mal la solitude. Des amis lui parlent d’un copain qui s’est marié en Biélorussie. Il s’y rend, fait la connaissance de Natacha et l’invite deux mois sur l’archipel océanien. Ils y concevront le petit Igor et se marieront. Natacha est déjà mère de Boris que Patrick élève comme son propre fils. Dire que Natacha est belle, ne vous donnerez qu’une vague idée, disons que cette grande blonde de 34 ans serait parmi les plus belles dans un concours Mis France. Lui est un petit rondouillard au crâne dégarni. À la beauté cachée comme dirait mon épouse qui sait de quoi elle parle. Mais le problème qui amène ce couple devant un tribunal ne vient pas de là. Loin des siens, Madame s’ennuie. Patrick est à ces petits soins, s’occupe de tout. Mais Madame s’ennuie et quand elle s’ennuie, elle boit … comme un cosaque. Alors Patrick, frappe, tape, bat. Il veut « la faire réagir ». Les photos sont éloquentes. Un corps noir de coups. « Elle marque facilement » dira t-il. Les Américains qui font des études sur tout, devraient étudier l’évidente relation qu’il y a entre les maris frappeurs et les épouses dont le corps marque tout particulièrement les coups. Depuis, Natacha a arrêté de boire, se fait soigner et retire sa plainte. Elle veut recommencer sa vie avec Patrick. Lui a déjà été puni. Matignon a eu vent de ses démêlés judiciaires et a brisé sa carrière. Ce fonctionnaire modèle, promus à un très haut poste à Montpelier, se retrouve petit adjoint à Marseille, avec baisse de salaire à la clef. Il ne rêve que de refaire sa vie avec Natacha et ses enfants. Le Procureur requiert huit mois avec sursis et six de mise à l’épreuve, car « Je ne veux pas découvrir, un jour, votre épouse sur une table d’autopsie ». Le Tribunal dispense Patrick de peine.

M. Mohamed est un ouvrier modèle.

Il n’est pas allé en vacance en Biélorussie, mais en Algérie. Il est revenu marié avec Fatima. En France, il s’est remarié devant le maire. Quatre ans de vie commune, mais Fatima qui ne quitte pas le milieu familial, n’a pas appris le français. Elle témoigne accompagnée d’une interprète. Les familles des deux époux ne s’entendent pas et les visites des enfants sont sujettes de disputes. Alors Mohamed frappe, tape, bat. Fatima est enceinte. Rien ni fait, les coups redoubles, coups de pied dans le dos et, plus grave, un coup de couteau. Pas grand-chose, juste piquée, mais il faudra un point de suture. C’est un cas de violence aggravée avec arme. Le Tribunal n’aime pas ça. Natacha dénonce les violences à la gendarmerie d’Elne. Elle déclare qu’elle est battue au moins une fois par mois, sans raison. Elle dénonce aussi un délit de séquestration. « Nous ne sommes pas en Arabie Saoudite dira le procureur, les femmes, même mariées, sont libres d’entrer et sortir de leur domicile. Elle ne parle pas le français parce que vous l’empêchez de sortir ». Fatima nie tout, elle a porté plainte, mais l’a retirée le lendemain. Le Procureur rappelle que c’est courant dans les affaires de violence conjugale, mais le parquet maintient toujours l’accusation. Il demande huit mois avec sursis, comme c’est son habitude pour ce genre de délit. Le tribunal suivra, huit mois de sursis et six mois de mise à l’épreuve, destruction du couteau. Si dans un délai de cinq ans, Mohamed a de nouveau la main leste, il devra passer ses huit mois en prison.

La différence entre les deux cas ne vient pas d’une différence de classe entre un haut fonctionnaire et un ouvrier issus de l’immigration. Dans la seconde affaire, il y a « violence aggravée par deux fois », avec arme et sur personne vulnérable parce qu’enceinte.

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