Bourquin, l’affaire de trop ?

C’est notre confrère L’Indépendant qui a eu la primeur de cette information ?

Une plainte pour « recel de délit de favoritisme » vient d’être déposée par une association de contribuables, de contribuables à titre privé, ainsi que par deux sociétés de publicités contre Christian Bourquin. L’entreprise qui aurait bénéficié de favoritisme, selon les plaignants, serait « Sens Inédit », encore une fois, une société appartenant à Pascal Provencel. Christian Bourquin et Pascal Provencel, lors de leur précédent procès en appel à Bordeaux, avaient feint, tous deux, de ne pas se connaître, gageons que depuis, ils ont eu le temps de faire plus ample connaissance. Christian Bourquin et Pascal Provencel avaient été jugés pour un délit de favoritisme dans l’attribution de marchés par le Conseil Général des PO, alors présidé par Christian Bourquin. Délit de favoritisme, déjà au profit d’une société de M. Provencel, et, ce qui peut paraître incroyable aux ingénus que nous sommes, c’était pendant que les deux prévenus attendaient le résultat des appels et des délibérés d’un tribunal, que ce dernier marché a été encore une fois attribué à une agence publicitaire de Pascal Provencel. Preuve s’il en fallait, du peu d’intérêt que les deux hommes peuvent attribuer à leurs tracasseries judiciaires et leurs éventuelles conséquences. Preuve en est encore, que la vocation dissuasive des décisions de justice – elles fonctionnent dans 70% des cas chez les petits délinquants – n’ a pas les mêmes pouvoirs dissuasifs pour la délinquance en col blanc et encore moins chez des élus dela République. Le30 octobre dernier, les deux hommes avaient été condamnés à deux mois de prison avec sursis, la peine requise par le procureur de 10 000 euros d’amende avait été abandonnée. M. Bourquin a présenté, depuis lors, un recours en cassation. Deux peines qui n’ont pas eu leurs effets dissuasifs, c’est le moins que l’on puisse écrire, ce qui est compréhensible mais injustifiable, lorsque nous savons les intérêts qui sont en jeu derrière des marchés préférentiels. L’entreprise de publicité de M. Provencel était à deux doigts de déposer son bilan lorsque M. Bourquin a pris la direction du Conseil Général, grâce aux marchés publicitaires du département, le chiffre d’affaires de Synthèse avait progressé de 243%, cette société devenant à 90% le partenaire du Conseil Général des Pyrénées Orientales.

Et, si la justice en avait assez ? Et si le prochain président du tribunal et ses assesseurs manifestaient une certaine lassitude à voir que les décisions de justice n’ont pas d’incidence dans la vie publique ? Serait-ce l’affaire de trop pour Christian Bourquin ? Pour l’instant le dossier est entre les mains d’un juge d’instruction, à lui d’étudier son contenu et de décider si cette nouvelle affaire sera jugée ou non. Quant à M. Bourquin sénateur et juge avec ses collègues, des lois qui sanctionnent les contribuables de ce pays, président du Conseil Régional, il ne lui restera plus qu’à trouver l’avocat qui fera trainer l’affaire en longueur. Pour un jour se présenter devant ces juges, et, comme il le fit à Bordeaux, dénoncer l’impartialité de juges politisés et la longueur de la justice.

 

 

 

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