Artur Mas, 129e président dela Generalitat de Catalunya.

C’est un Gouvernement anti autonomiste qui a pris possession du pouvoir, le 27 décembre dans la salle Sant Jordi dela Généralitat. Cettemanifestation a eu lieu pour la première fois sans la présence du portrait du Roi dans la salle qui a été recouvert d’un drap noir.

Artur Mas a été nommé président de la Catalogne pour la deuxième fois. Son discours aux accents parfois gaulliens, assurant porter la Catalogne vers l’autodermination, et parfois Churchilien, en promettant non pas du sang et des larmes, les temps ne s’y prêtent pas, mais des « turbulences avec l’Espagne », mais ii s’est empressé d’espérer qu’ « elles ne devraient pas durer trop longtemps ». Se tournant vers ses conseillers (ministres), une garde rapprochée de fidèles, il leur a demandé que pendant toute cette législature soit privilégié le dialogue en évitant le « bruit et les cris ». « Nous ne pouvons pas être frivoles, mais nous ne devons pas non plus étouffer l’espérance et l’illusion ». Car ce gouvernement né de l’alliance entre le chef de l’opposition, Oriol Junqueras (ERC), gauche indépendantiste et le chef du gouvernement CDC, centre droit jusqu’à présent, nationaliste, et aujourd’hui, souverainiste-indépendantiste, s’est donné pour but, de convoquer un référendum le 11 septembre 2014 qui demandera au peuple catalan de décider, s’il désire que la Catalogne devienne un état indépendant. Il va s’en dire que le gouvernement espagnol a déjà promis qu’il ferait tout son possible pour empêcher ce référendum. Le journal de Madrid, El Pais, socialiste et anti-indépendantiste radical, a d’ores et déjà, publier un long article dénonçant la constitution de cabinets noirs dans les forces de police de l’état, qui construisent de fausses enquêtes dénonçant d’hypothétiques cas de corruptions de politiques catalans, dossiers qu’ils communiquent ensuite à la presse. El Mundo et l’ABC d’extrême droite ont déjà fait les frais de ses fausses révélations pendant la campagne des dernières élections « autonomiques ». Ils sont attaqués en justice.

Des drapeaux sur tous les balcons

En attendant, en Catalogne, cette espérance de revoir une Catalogne Libre, pour le 300ème anniversaire de sa défaite devant les troupes hispano-françaises, le 11 septembre1714, afait naître, en pleine crise, une bouffée d’espérance. Toutes les manifestations sportives ou culturelles sont excuses pour sortir des milliers de drapeaux indépendantistes (drapeaux catalans avec une étoile européenne). Au Palais dela Musique, le traditionnel concert de Saint Estève, le lendemain de Noël, a été l’occasion d’une démonstration de force pendant le « Cant dela Senyera», hymne catalan, interdit par Franco. Les drapeaux recouvraient tous les murs et la foule cria un long moment : « in, indé, independència ! ». 50 % des municipalités du territoire catalan se sont d’ores et déjà déclarés, « Territori català lliure i sovirà », territoire catalan libre et souverain.

Le dernier gouvernement autonomiste ?

Un gouvernement resserré autour de Mas et du projet de référendum, soutenu par un parlement catalan principalement anti autonomiste. 87 députés sur 135 sont favorables à l’indépendance de la Catalogne. Les20 élus du Parti Socialiste Catalan, s’ils sont comptabilisés parmi les anti indépendantistes, à l’image de leurs homologues de Madrid, se sont prononcés pour la construction d’une Espagne fédérale qui tournerait le dos à l’actuelle autonomie catalane. Le seul parti vraiment autonomiste est le PP (Parti Populaire), au pouvoir en Espagne, proche de l’UMP. Six élus sont farouchement anti nationalistes catalans, ce sont les députés de Ciutadan’s. Anti catalans même, puisque ce sont les seuls députés à ne s’exprimer qu’en espagnol au parlement catalan. C’est un mélange étrange de communistes orthodoxes, comme le numéro un du parti et de nostalgiques du franquisme comme le numéro deux, Jordi Canas. Ce dernier, alors qu’un député, pendant son discours, rappelait que Franco n’avait pas tué tous les catalans, a été filmé par plusieurs caméras, lorsqu’il prononçait à haute voix : « E Lastima ! », « Quel dommage ! ». Regrettant qu’il n’y eut un vrai génocide en Catalogne. Artur Mas dans son discours a précisé que les Catalans allaient avoir besoin « de chance », qui peut en douter ? Il est vrai qu’ils ne pourront attendre aucun cadeau de Madrid ni même du roi, même en période d’épiphanie. Les vœux de bonne année 2013 seront particulièrement bienvenus.

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