Pour le meilleur et pour le pire

Hishem et Maxima sont des compagnons d’infortune, l’un boit trop et quand il boit : « Je déconne, monsieur le président », l’autre est SDF, ils n’ont qu’une vingtaine d’années et ils collectionnent tout deux un véritable palmarès de condamnations digne du Guinness des records.

Leur dernière adresse est le centre pénitencier de Mailloles, ils ont été condamnés pour d’autres affaires de vol. Ce 5 juillet, ils sont allés piquer une tête dans la Méditerrané du côté d’Argelès.  Ils avaient de quoi boire, alors ils ont bu, vodka, whisky, ce que tout un chacun peut avoir dans son sac de plage, lorsqu’il fait trente degré à l’ombre. « Comment vous procurez-vous les boissons alcoolisées, si vous n’avez pas d’argent ? » demande le président Jean luc Dooms, « On se débrouille, ça se trouve toujours, vous savez ce que c’est ! » répond Hishem, « Hé bien non, je ne sais pas, quand j’en trouve, on me demande des billets en échange » répond le président. « On trouve toujours les moyens ! ». « C’est bien ce qu’on vous reproche ! » répond un M. Dooms désabusé.  Les moyens, ce jour-là, ils les reconnaissent, lorsqu’ils étaient « bien gaz », comme ils disent, en quittant la plage, ils tombent sur une résidence secondaire inhabitée. Ils fracturent la véranda et vont la squatter pendant deux jours. En partant, l’un d’entre eux, sans doute Maxima, emporte une petite télé et une cafetière. «  Hé, la cafetière, non, chui’ pas un voleur de cafetière » interrompt Hishem. Son avocate a toute les difficultés pour le faire tenir tranquille. Dans la maison, ils ont bu et comme Boucle d’or chez les trois ours, ils ont laissé des traces ADN, un peu partout. Mais surtout sur les goulots des bouteilles. Hishem a six condamnations à son casier, vol, recel, cambriolages, en prison, il cumule trois peines , il sortira le 31 juin 2014. « J’en ai marre de la prison, je veux arrêter les conneries, sortir, travailler » confie Ishem. « Nous aussi, on en a marre de vous voir » lui répond le président.  Il a commencé ses « conneries », comme ils les appellent, lorsqu’il était mineur. Violence, stup, recel, conduite sans permis, outrage, vol avec violence et effraction. Son avocate va tenter d’expliquer son drame, il n’y a pas d’autres mots. Il n’a que douze ans, lorsque son beau-père ne veut plus le voir dans la maison, alors ce seront la longue litanie des foyers puis à ses 18 ans,  plus de foyer possible, alors il échoue à nouveau chez sa mère. Mais le beau-père ne le veut toujours pas, il dort sur la véranda. La mère pleure dans la salle d’audience, Maxima l’apostrophe : «  Va-t-en, reste pas là, je t’avais dit de pas venir ». C’est par compassion qu’il demande à sa mère de partir, il ne veut pas qu’elle ait mal et il souffre de la voir pleurer. Ce qui, traduit avec ses mots, donne : « ça me fout les boules de la voir chialer ». Un policier essaie de s’interposer. M. Dooms ramène au calme Maxima : « Laissez votre mère pleurer et laissez votre avocate plaider ». Maxima se calme. Le procureur Bret, va rappeler que les deux encourent la peine plancher et pour ce type de délit, ce sont quatre ans ferme. « … et même s’ils sont capable du pire et du meilleur, c’est dans le pire, qu’ils sont le meilleur … mais, devant la faible gravité des faits, je vais demander juste en dessous de la peine plancher, mais ça me coûte, trois ans ferme pour chacun des prévenus ». Le tribunal, décidera de ne pas appliquer la peine plancher, mais leur donnera un an d’emprisonnement qui viendra s’ajouter à la peine, qu’ils accomplissent déjà en maison d’arrêt. Pour Maxima qui doit sortir le 6 juillet 2013, c’est très dur. Le président prend la peine de leur expliquer : « La peine plancher s’applique automatiquement, pour ne pas y recourir,  je devrais me justifier,  faire des papiers, et devoir dire que j’ai vu, en vous, une possibilité d’insertion, ne me faite pas mentir ». Maxima qui est décidément le plus bavard, demande au président d’intervenir pour qu’il ait du travail en prison : «  On nous demande toujours de faire des papiers, on a une gastro, on fait un papier  et on va a l’infirmerie une semaine après, ou on crève en cellule où on est guéri,  j’en ai marre ». « On espère tous, qu’enfin vous en ayez marre, la solution est entre vos mains » lui répond le président.

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