Voitures de luxe volées en Belgique revendues sur la Côte Catalane

 Ils sont sept à la barre, sont en général lié au monde de la nuit, sécurité, physionomiste, barman, propriétaires de boites de nuit ou vendeur de voitures. Ils ont six avocats, deux autres représentent les parties civiles. L’après-midi sera longue. Il fait chaud et le climatiseur du tribunal fait tellement de bruit qu’il ne peut fonctionner que pendant les délibérations.

Le président Dooms va nous présenter l’affaire avec un organigramme de base, sur le comportement d’un acheteur « normal », de voiture d’occasion. Il trouve le véhicule à l’aide de petites annonces, il se rend chez le vendeur ou le vendeur se déplace chez lui, il est méfiant alors il se renseigne, il connaît le nom du vendeur, il a deux clefs en sa possession, consulte l’argus, les moyens de paiement, demande une garantie au vendeur, un chèque banque à sa banque, se fait livrer sa voiture et à la préfecture et donne son identité. Maintenant lorsqu’il applique cet organigramme aux personnes présentes dans la salle, Bingo ! « C’est comme au loto, il y a quine ! un grain de mais chaque fois que les cases ne correspondent à l’acheteur normal de véhicule ». Toutes les voitures viennent de Belgique, elles ont en commun, d’être toutes de grosses cylindrées, Volvo, BMW, Audi, Mercedes. De 19 000 à 25 000 euros, payées en espèce avec une seule clef. Aucun des acheteurs ne peut donner un signalement précis du vendeur qui peut s’appeler, Jérome, Manu, Franck, Djamel, Tom, Karim ou Lambert. Autre point en commun, elles ont toutes été volées en Belgique par car-jacking ou home-jacking, c’est-à-dire, que les voleurs ont expulsé le conducteur par la force ou volé le véhicule dans le garage. Ce qui permet d’avoir les papiers du véhicule. Tout semble clair, les acheteurs présents à la barre, semblent avoir profité, en connaissance de cause, d’un réseau criminel de vol de voiture. Le parquet a voulu, tout d’abord leur donner un qualificatif de crime en réunion, mais il a vite abandonné, car pratiquement aucun des prévenus ne se connaissent entre eux. Tout semble très clair expliqué par le président du tribunal. Mais les avocats demanderont tous la relaxe. Me. Poloni conclura « pour rester en accord avec ce tribunal, la relaxe c’est pour aujourd’hui ! » Allusion au célèbre slogan élyséen. Leurs clients ne sont pas des criminels, mais des pigeons, tous victimes d’une bande d’escrocs, extrêmement bien organisés. Dans notre infinie naïveté, nous pouvons écrire que chacun des prévenus semble parfaitement honnête. Ils se sont fait rouler. Ils avaient tous les papiers du véhicule. Ils ne connaissaient pas le vendeur ? Mais qui peut dire le nom de l’intermédiaire qui lui a vendu sa dernière voiture d’occasion ? M. Danlos, Procureur de la République, ne fait certes pas preuve de la même naïveté, pour lui, leur culpabilité ne fait aucun doute et il requiert des peines sévères. Dix-huit mois de prison avec sursis et quatre mille euros d’amende pour celui qui a acheté quatre véhicules et les a revendus, celui qui en a acheté deux et en a revendu un, 4000 euros, dix mois assortis du sursis simple et tous les autres ayant acheté un véhicule pour eux, six mois avec sursis et 2000 euros d’amende. Un des prévenus étant sous la coupe d’une précédente condamnation voit sa peine commuée en six mois ferme. La dernière parole est aux prévenus. Deux demanderont la restitution du véhicule. Des voitures arrachées à leurs propriétaires par car jacking ? À notre avis, ils n’ont pas suivi tous les débats ! Résultats des « courses » le 14 juin à 14 heures.

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