19 ans de prison pour Christian Delample

Accusé de viols abus sexuels et corruption sur 19 garçons, mineurs au moment des faits, les six jours procès en assises se sont déroulés en huis-clos, pour satisfaire aux demandes d’une des victimes.

Christian Delample, 41 ans, employé municipal du Soler, bénéficiait d’une aura d’autorité, grâce à sa position d’homme à tous faire et de bénévole du centre de gymnastique et de l’école des cadets de pompiers. Bien qu’il n’ait jamais été lui-même pompier, ni simplement pompier bénévole, sa disponibilité et son volontarisme en faisait une personne « qui savait se rendre indispensable ». Jouissant d’un local prêté par la mairie, il y organisait des soirées Nitendo, des visionnages de films « et il passait les disques ». Des liens d’amitié et de complicité se tissaient entre cet homme et ses enfants et lorsque le climat de confiance était bien installé, il passait aux dvd pornos, puis aux séances de masturbation de groupe. Fait aggravant, lorsqu’elles l’aidaient, il rémunérait parfois ses petites victimes, notamment lors des soirées d’anniversaires ou autres célébrations.

Le récit insoutenable du calvaire des victimes

Mardi, la journée judiciaire a été tout particulièrement difficile. Se sont succédées à la barre, les familles des victimes pour témoigner de leur calvaire et des graves séquelles psychologiques que ce martyre a laissées sur leurs enfants. Dans un viol de ce type, comme pour les incestes, les victimes prennent conscience tardivement de ce qu’a pu représenter ces actes que le manipulateur s’expresse toujours a minimiser. Le choc n’en est que plus difficile à surmonter. Comment n’ai-je pas compris plutôt ? Comment ai-je pu me laisser manipuler à ce point ? Souvent le sentiment de culpabilité est plus fort encore que les ressentiments contre leur bourreau. Il faut alors que la victime comprenne qu’elle n’est en rien responsable, qu’il n’y a qu’un seul coupable et qu’il siège sur le banc des prévenus. Quelquefois, le procès matérialise cette culpabilité et permet cette prise de conscience. Les parents ont aussi expliqué, leur difficulté de vivre avec ce poids sur la conscience. Ai-je été un mauvais père, une mauvaise mère ? Lors d’une interruption de séance, alors que l’escorte accompagnait Christian Delample vers la cellule du Palais de Justice, ce dernier fit un malaise. Secouru d’abord par un juré professionnel de santé, puis assisté par des pompiers, son état a été jugé assez satisfaisant pour qu’il assiste à la suite de son procès. A-t-il mesuré à ce moment l’ampleur des souffrances qu’il a causées ?

Les avocats continuent à plaider un « certain » consentement des victimes

Autre moment extrêmement désagréable pour les victimes fut la plaidoirie des avocats du prévenu, Me Daouda Kamara et Me Anne Casteran. Ce droit à la défense, sur lequel repose toute notre démocratie est parfois très difficile à supporter pour les victimes, souvent les avocats des parties civiles conseillent à leurs clients, particulièrement sensibles, de se retirer. Les deux avocats ont continué à affirmer que les victimes étaient « plus ou moins » consentantes, ce qui expliquerait, la raison pour laquelle les parents ne se sont aperçus de rien. Me Kamara a insisté sur les preuves d’humanité de son client, qui, selon lui, ne pense qu’aux victimes. L’avocat général a demandé le maximum requit pour ce genre de crime, 20 ans de réclusion et une peine de sureté des 2/3 de la réclusion.

Un verdict sévère selon la partie civile et la défense

Lundi à 18 heures, et après 3 heures de délibéré, la cour rendait publiquement son verdict. 19 ans de prison, avec une peine de sûreté des 2/3, c’est-à-dire 12 ans et huit mois de prison incompressibles, une obligation de sept ans de suivi judiciaire. À sa sortie de prison une injonction de soins, interdiction de rencontrer les victimes, interdiction d’exercer une profession en contact avec des mineurs. Inscription au fichier FIJAIS qui recense internationalement les délinquants sexuels. « Une peine très lourde », selon Me Kamara qui a ajouté : « La cour n’a pas voulu écouter le repentir de son client ». L’avocat laissait planer un doute sur un éventuel appel. Me. Anne Casteran, la deuxième avocate de Delample, en revanche, ne laissait paraître aucune ambiguïté  il n’y aurait pas appel. Me Nicolau avocat d’une des familles de victimes, confiait à la sortie des Assises : « La condamnation est sévère, mais justifiée, nous sommes très satisfaits du verdict ». À la question : Pensez-vous qu’il y aura appel, il répondait : « Les faits sont têtus, je pense qu’un nouveau procès en appel ne ferait que confirmer le verdict du procès de Perpignan ». Une famille, nous dira, aussi, sa satisfaction du verdict, voulant remercier la justice française, les jurés et la cour d’avoir compris leur douleur, ajoutant que pour eux, un procès en appel : « Ce serait l’enfer ! ». Réponse dans les dix jours.

Laisser un commentaire