Multirécidiviste et peine plancher

Le 23 septembre, Reduane est devant un immeuble, il cherche visiblement un nom sur les sonneries. Lorsque Henri sort, Reduane l’apostrophe et lui demande si c’est dans cet immeuble qu’il y a un réparateur de matériel haute technologie.

Il est tombé sans le savoir sur le principal intéressé, le réparateur en personne, qui lui répond que c’est au deuxième étage alors qu’ en réalité il habite au deuxième, mais l’attitude de Reduane lui a semblé très « bizarre ». Un voisin rattrape Henri dans la rue et le prévient que quelqu’un s’est introduit dans l’immeuble en suivant deux locataires, a cassé la porte de l’appartement et s’y trouve encore. Lorsque Henri revient chez lui, il trouve Reduane dans les escaliers avec un sac de sport contenant des téléphones et du matériel Hi fi qu’il reconnaît de suite comme venant de son appartement. Il le retient, le force à se déshabiller pour vérifier s’il ne cache rien d’autre et le livre à au policier qui vient d’arriver.

Un état dépressif

Reduane est ce que l’on peut appeler un multirécidiviste, il entre et sort de prison notamment pour trafic de stupéfiants. Il a été deux fois interdit de territoire français. Il reconnaît les faits totalement, mais se trouve des excuses. Au moment des faits il sortait de prison, il n’a bénéficié d’aucun suivit, sa femme a divorcé et il s’est retrouvé à la rue. Il ne pouvait même pas voir ses enfants, il traversait une période de très grande dépression. Le président du tribunal, Me Sainte-Cluque, lui demande, prenez-vous encore de la drogue. Non, il prend des médicaments, très certainement des succédanés de stupéfiants, il est suivit par un médecin et son avocat donne au président deux ordonnances médicales à rajouter au dossier. Mais Reduane dit que maintenant il va mieux, il est manœuvre sur un chantier depuis quatre mois. Il peut louer un petit studio et recevoir ses enfants. Lorsque le président lui demande s’il trouve logique de s’introduire chez les gens pour les voler quand on est dépressif ? Reduane revient sur le non suivi à sa sortie de prison et le divorce de sa femme. Me Sainte Cluque lui rappelle quand même que ses ennuis ne viennent pas de sa sortie de prison et de son divorce. Ses ennuis viennent de son attitude à lui, et qu’il ne peut rendre personne d’autre responsable. Si sa femme a demandé le divorce c’est peut-être qu’elle en avait assez d’un mari qui se drogue, vole, rentre et sort de prison. Et la prison n’est pas une fatalité, il y rentre chaque fois car son comportement est inacceptable pour la société. Reduane jure qu’il s’est amendé a trouvé du travail et veut voir ses enfants. Me Parisot procureur de la République rappelle que vu le grand nombre de récidive, onze arrestations, Reduane peut se voir appliquer la peine plancher et elle requiert 16 mois de détention. La peine plancher ou peine minimale est une peine incompressible imposée notamment aux multirécidivistes. Le tribunal se retire pour délibérer. Lorsque Reduane est appelé à nouveau à la barre c’est pour s’entendre dire qu’il est déclaré coupable et condamné a dix-huit mois fermes. Il est sonné et reste immobile, le président lui dit qu’il peut se retirer, il reste là, les bras balans pendant plusieurs minutes puis se tourne et s’en va visiblement accablé par la sentence.

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