Menteur, affabulateur, manipulateur … et violeur ?

Troisième et dernier procès de la session d’Assises au tribunal e Perpignan, un concernait une attaque à main armée et trois, des affaires de viols.

 

Elisabeth sort tout juste de l’adolescence, elle a dix-huit ans et déjà additionne bon nombre de malheurs. Abandonnée par son père et sa mère l’a laissée seule pour partir refaire sa vie.  Elle a perdu son appartement et son travail. Elle erre de bar en bar, le soir avec ses amis, filles ou garçons en espérant que l’un d’entre eux, finira par l’héberger. Elle ne veut pas « taper l’incruste », alors elle ne dort pas plusieurs soirs sous le même toit. Un sofa, un fauteuil ou mieux une chambre d’ami, elle a déjà dormi dans des voitures, mais un 15 février, il fait froid, même Perpignan. Elle va de bar en bar pour être au chaud, mais les patrons et serveurs qui connaissent cette jolie brune, sont formels, elle ne boit jamais de l’alcool, que des sodas et des jus d’orange. Elle est avec un copain, elle discute, jusqu’à ce que les lumières du café s’éteignent pour leur signifier qu’ils doivent partir. Dans la rue, ils vont rencontrer Marouan El Jerrari, 31 ans, il ne peut se rendre dans le bar qu’ils viennent de quitter, il y est personne non grata. Les deux jeunes gens lui expliquent les problèmes d’Elisabeth. Jerrari est gentil, il vit avec sa femme et a trois appartements qu’il loue. Un est vide en ce moment. Ce n’est pas du luxe, ses anciens locataires ont tout laissé en chambard. Mais si c’est pour dépanner … Elisabeth est soulagée, un soir de plus solutionné, demain on verra. Seul problème, ils l’apprendront plus tard, tout n’est que mensonge. Jerrari, ne vit pas avec une femme, il est seul, il n’a pas d’appartement, celui-là est à son frère. En revanche, Jerrari est un toxicomane, alcoolique qui n’a jamais travaillé de sa vie. L’avocat de la partie civile, Christopher Poloni dira pour le qualifier : «  Il a fait son tour de France, pas celui des compagnons du devoir, mais celui des juridictions pénales ». Marouan El Jerrari a quinze condamnations sur son casier, faux et usage de faux, fausse monnaie, filouterie, trafic de stupéfiants etc. Tous les témoins le décriront comme un menteur, manipulateur, macho et misogyne. Dans l’appartement – en réalité un boui-boui infect –  il l’a laissée d’abord toute seule. Elle se couche. Puis il revient avec un coca et un sandwich, alors ils vont regarder la télé. Il devient entreprenant, elle le repousse. Et là les deux versions divergent totalement. Jerrari dénonce le vol de 380 euros dans une théière. « D’où les sortiez-vous ? » demande le président, « C’était mon RMI », « Vous n’étiez même pas inscrit ! ». Alors Jerrari dit avoir fouillé entièrement la jeune fille, ce qui expliquerait les traces d’ADN. Pour Elisabeth, c’est une toute autre version, une fois repoussé, Jerrari est entré dans une rage folle et a sorti un grand couteau de boucher d’une pile de linge sale. « Je m’en fous d’en prendre pour trente ans, je de donnerai 17 coups de couteau, je compte jusqu’à cinq pour que tu te déshabilles ». Sous la menace, il l’a violée toute la nuit. Viol sous la contrainte d’une arme, le maximum, c’est la perpétuité. Au petit matin, Jerrari s’est endormi, lentement elle va sortir du lit crasseux, récupérer son portable, qu’elle avait pris soin de cacher sous le matelas, enfiler un jean, une petite veste et pieds nus, elle fuira dans la rue. A 5 heures du matin, en février il fait très froid, elle compose le 17, dit au policier qu’elle lit « Rue vieille dent » sur une plaque. Elle n’a aucune idée du lieu où elle se trouve. Un véhicule dela Bacira la récupérer. Pour, Fanny Bessière, avocate de Jerrari, il y a un doute, les experts ont trouvé très peu d’ADN de Jerrari sur les parties intimes d’Elisabeth. Mais il y a eu contact. Lui affirme que c’est la fouille. Elisabeth assure que Jerrari l’a obligée à mettre un préservatif féminin. Et l’arme du crime ? Personne ne l’a retrouvée continue l’avocate et elle rappelle que le doute doit profiter à l’accusé. La cour et les  jurés ne suivront pas son plaidoyer. A la question est-il coupable, ils sera répondu « Oui ». Marouan El Jerrari est condamné à 13 ans d’emprisonnement dont une période de sureté de trois ans.

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