Harcèlement à Maintenon ?

Contrairement à tous les topiques, le prévenu qui se dit innocent est plutôt rare, il minimise son rôle, mais reconnait en général les faits qui l’ont entraîné devant ses juges. En revanche deux types de délits sont presque toujours dénier farouchement par leurs acteurs ce sont les violences conjugales et les harcèlements.

En sixième entre ces deux enfants, c’était la bonne entente. Gaël, le petit voisin d’en face, venait aider Julien à faire ses devoirs, puis ils jouaient à la console de jeu. Avec le temps, les parties étant de plus en plus prenantes, Gaël est venu plus souvent. Puis on jouait plus que l’on ne travaillait, mais qui leur en voudrait ? La maman de Julien se vit tout de même obligée de dire à Gaël que son fils étant dyspraxique, il est très long pour accomplir son travail, et elle lui demande, à l’avenir, de moins venir pour le laisser finir ses devoirs. Gaël ira répéter l’existence de cet handicap, que personne n’avait remarqué, à tous leurs camarades de classe. Là, commencera un très long et très douloureux calvaire de deux ans pour Julien. Chaque jour ce seront insultes, crachats, coups de pieds. On l’empêche d’aller au cabinet, on crache dans son assiette à la cantine. Julien est un bon élève, son handicap n’invalide en rien ces capacités intellectuelles. Mais il ne voudra plus aller à l’école. Préférera mourir. Parlera de suicide à sa maman désespérée. Elle élève seule son enfant. Elle prévient le professeur principal. Les insultes continuent comme si de rien n’était, « trisomique, mongolien, débile, taré, malade mental, binoclar … ». Loin d’avoir porté remède au calvaire de son fils, cette démarche semble avoir décuplé les brimades, les coups pleuvent et les croche pieds dans les escaliers. La maman va se cacher près de l’école et constate de visu le martyre de son fils. Alors, n’en tenant plus, elle téléphone aux parents de Gaël. Son fils l’accuse d’être le responsable de tous les acharnements. Le papa ne répond jamais, ne prend jamais le téléphone, c’est toujours la maman, qui répète toujours les mêmes phrases, oui, bien sûr, elle lui dira, elle fera tout pour que cela cesse. Non seulement, cela ne cesse pas, mais cela empire. Elle porte plaint, et la plainte s’égare, mais c’est la maman qui est perdue. Alors, n’en pouvant plus, elle décide d’enlever son enfant de l’école. Puis d’abandonner leur maison et de déménager car les deux gamins sont voisins et Gaël est encore venu crier des insultes sous leurs fenêtres avec ses amis. Une voisine confirme les faits par écrit. Mais c’est trop dur pour cette maman, c’est trop injuste, c’est son fils et elle qui se retrouve punis, c’est punit totalement injuste. Alors elle commet la pire des bêtises, pour se venger et venger son fils, elle va écrire un tract où elle accuse Gaël d’être homosexuel, de s’habiller en rose, de s’embrasser sur la bouche avec des garçons. Et le 15 juin, avant la fin de l’année scolaire, alors que ces problèmes étaient terminés en quittant cette école, elle ira jeter ces papiers infâmes, devant le collège de Maintenon. Un acte parfaitement stupide qui lui vaut de comparaître en correctionnelle, car les parents de Gaël ont porté plainte. En pleurant, elle reconnaît sa faute à la barre. Mais elle le dit et le répète, elle était désespérée. Personne n’avait répondu à ses demandes d’aides, le collège n’est jamais intervenu. Pour la partie civile, c’est le papa qui représente son fils Gaël qui est mineur. Il nie absolument tout, les harcèlements, les insultes, et avec leurs avocats, ils accusent Gaël d’avoir été exclu du collège, laissant planer un doute sur l’attitude de cet élève exemplaire. L’exclusion est niée par la direction du collège, c’est la maman qui a décidé de retirer son fils du collège. Le papa dit que son fils a été très choqué par ces accusations, qu’il a voulu se suicider. Tout comme Julien, alors ? Me. Nicolau, avocat de la maman de Julien, aura beau jeu de lire les déclarations de Gaël aux policiers : « Non cela ne l’a pas choqué, personne ne l’a cru ce tract à l’école ». La maman est reconnue coupable et condamnée à 500 euros d’amende avec sursis, doit donner 500 euros au père, représentant de son fils et 650 euros pour frais de procédure, article 475-1.

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