Traumatisé de la vie

Après le réquisitoire du parquet : perpétuité pour Malika Mérabet, 22 ans pour Laurent Le Dru et 15 ans pour Stéphane Lefebvre. La tâche de Me Nicolau, avocat de Malika n’était pas facile.

Il la décrira plus suicidaire que tortionnaire. La preuve, elle s’est accusée de plus de délits que la Cour ne lui en reprochait. L’avocat a mis l’accent sur ce, qui pour lui, est une évidence, jamais il n’avait vu une perpétuité demandée pour un prévenu qui n’avait assassiné personne. Des mauvais traitements certes, inexcusables certes, mais Malika n’a jamais voulu la mort de ses victimes. Me Nicolau rappellera que quatre experts l’ont expertisé, deux psychiatres et deux psychologues, ils sont tous tombés d’accords sur un point, ils ont décelé chez Malika, une grande souffrance, qu’ils définissent avec leurs mots : Stress post stomatique, carences affectives, parcours traumatique. Ce qui est évident, c’est que ce procès concernant le monde des SDF, fut le procès des traumatisés de la vie. Point commun entre tous, victimes et prévenus, l’absence totale de membres de leurs familles pour les assister. Exception faite de la sœur de Philippe Rocquemont. Sans son insistance, sans son acharnement à vouloir faire toute la lumière sur un « suicide » auquel elle n’a jamais cru, les trois prévenus seraient peut-être encore libres. Lorsqu’en février 2009, Pereira Montera reconnaît sa tortionnaire sur le trombinoscope de la police, Malika sera mise en garde à vue, prise d’un malaise, elle sera admise aux Urgences de l’hôpital et la garde à vue ne sera jamais reprise. Les faits ayant entraînés la mort de Rocquemont auront lieu en août de la même année, sept mois après son interpellation. Les victimes étaient des marginaux et comme tels, totalement marginalisés. Malika a su exploiter une frange de la population sans aucune protection.

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