Le verdict

Le procureur Danlos a mis la barre très haut en réclamant la perpétuité pour Malika Mérabet. Me Nicolau rappelle qu’elle n’a pas tué, qu’elle n’a pas torturé, si elle a donné des coups de canne ou de balais, il n’y a pas eu de brûlure de cigarettes ou de coupure. Mauvais traitement oui, pas tortures proprement dites. Elle n’a jamais eu l’intention de donner la mort. Elle aimait faire mal pour obtenir de l’argent, une carte bleue et son code, mais elle ne tuait pas. L’avocat rappelle les cas où la perpétuité a été infligée à Perpignan: « Une personne qui a brûlé vive une ancienne amie, Van Geloven pour le viol de deux enfants, avec Malika nous sommes loin de ça ! ».

Malika était en récidive légale, pour deux condamnations une à Perpignan et l’autre à Blois, dix et dix-huit mois pour vol en réunion et escroquerie pendaient au-dessus de sa tête si elle commettait de nouveaux méfaits. Mais ce n’est pas ce qui a influencé les jurés. Aucune circonstance atténuante pour Malika. Inutile de dire que sa personnalité a joué pour beaucoup, son absence totale d’empathie et en revanche son utilisation systématique que nos bons sentiments, l’ont rendu exécrable. Ses derniers mots seront pour sa fille Hocéane qui selon elle, voudra voir sa maman dans quelques années. Alors qu’elle l’a abandonnée de suite comme huit autres enfants, alors qu’elle nous a dit que lorsqu’elle a été obligée de s’occuper de ses enfants, elle l’a fait comme une baby-siter, c’est-à-dire comme un vrai travail en absence de tout sentiment. Fort heureusement, nous avons tous connu de meilleures baby-siter. La peine est lourde, très lourde, vingt-cinq ans de réclusions, très lourde, si nous la comparons à une autre affaire jugée à Perpignan il y a quelques semaines seulement. Jean Rivière qui a estropié un pompiste d’un coup de fusil pendant un cambriolage a, lui, été condamné de vingt-huit ans de prison, Malika n’a jamais tué rappelait son avocat. Elle n’a jamais tué, mais battu, drogué et volé, pendant sept ans au moins. « Je ne rentrais jamais seule ». reconnaîtra t-elle à la barre, c’est-à-dire, toujours avec une nouvelle victime. Le tribunal a préféré la savoir enfermée dans un lieu ou l’on ne peut « inviter » personne. Ses complices de soirées de sévices, Laurent Le Dru et Stéphane Lefebvre ont été condamnés chacun à 18 et 15 ans de réclusions. Deux très lourdes peines aussi, la proximité avec Malika, même s’ils n’ont pas été ses amants comme elle avait voulu le faire croire, leur a coûté très, très, cher.

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