La Thénardier de Saint Matthieu

 

Le procès de Malika Mérabet et de ses deux complices au moment des faits Laurent Le Dru et Stéphane Lefebvre a été consacré, le reste de la semaine, aux témoignages de victimes ou de leurs familles.

Une succession de témoins meurtris à jamais parce que leurs pas ou ceux de leurs proches ont croisé un jour Malika Mérabet. Elle agissait comme un prédateur et la ville était son terrain de chasse. Elle avait découvert dans le vol de personnes vulnérables une manière de vivre sans gros risque. Ses victimes alcooliques le plus souvent, handicapées parfois, SDF presque toujours, ne pouvaient même pas porter plainte car elles n’étaient jamais crues, ou tout simplement pas comprises. L’administration de psychotropes à très forte dose troublait leur mémoire, rendait leurs propos décousus, la plupart du temps ils ne se souvenaient même pas où avait eu lieu les faits, ce qui déroutait les forces de police ou les associations caritatives qui recueillaient leurs témoignages.

Ses grandes révélations n’étaient que mensonges

Son torrent de mensonges des premiers jours a peu à peu été contrecarré par la cour et les enquêtes du parquet. Malika a été obligée de reconnaître l’évidence. Pas de viol ou d’incestes du père, des frères, ni de la mère, pas de vente à d’autres hommes. Un des moments fort du procès fut le face à face entre Malika et sa mère, grâce à une vidéo conférence. Vingt ans que mère et fille ne s’étaient pas revues. Mme Mérabet apprendra par la voix du président qu’elle est grand-mère neuf fois. « Tous placés ? » demandera t-elle au président, n’imaginant pas un seul instant que sa fille puisse élever un enfant. Le président lui demande alors de confirmer ou d’infirmer s’il y a eu viol et inceste dans sa prime enfance, la maman nie totalement. Elle rappelle alors que c’était des mensonges que Malika utilisait déjà à l’école auprès de professeurs ou de camarades de classe. Un moment les témoins, la cour et les jurés ont pu croire que l’émotion allait submerger Malika Mérabet, que sa carapace allait enfin se briser, elle paraissait effondrée par la confrontation. Mais bien vite sa perversion narcissique et sa mythomanie reprirent le dessus. Profitant que toute l’attention de l’auditoire soit captivé par cette conversation mère-fille, elle essaiera à nouveau de dénoncer à une enfance brisée par les mauvais traitements d’un père sadique et brutal. « Votre mari tapait-il Malika ? » demande le président, réponse : « Jamais, pas même une gifle ». Un des derniers mensonges qui aurait pu expliquer, sinon excuser, la violence dont elle avait fait preuve contre ses victimes, venait de s’écrouler. « Mme Mérabet voulez-vous reprendre contact avec votre fille », la réponse est claire et nette : « Non, elle nous a fait trop souffrir ». Le Président remercie. Fin de la vidéo conférence.
Le verdict est tombé mardi à 15 heures 30, Malika Mérabet 25 ans, Laurent Le Dru 15 ans, Stéphane Lefevbre 10 ans.

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