Drame de la séparation

Le problème n’est pas nouveau. En 1936, Fréhel chantait déjà : « C’est un vrai gringalet, aussi laid qu’un basset, il est bancal, du coté cérébral, mais ça m’est bien égal, car je l’aime ».

Marta est une belle blonde aux yeux bleus, élégante, vêtue d’une courte jupe de cuir, elle est  assise au premier rang de la salle d’audience, celui réservé aux victimes. Elle siège au côté d’une amie et de sa fille de 7 ans, toute aussi jolie, dégourdie et intelligente que sa maman. Toutes trois ont subi les violences de l’ex-compagnon de Marta. Il entre dans la salle, menottes aux poignets, entouré des gardes de l’escorte du Palais. Le contraste est saisissant, autant Marta est séduisante, autant son ex est petit, déplaisant et disgracieux. Crâne rasé, une bouche en accent circonflexe lui donne l’air de grimacer et d’en vouloir à la terre entière. Qu’est ce qui a pu rapprocher ces deux êtres, alors que tout semble les éloigner ? Le couple est séparé depuis juillet, mais l’ex compagnon a beaucoup de mal à l’accepter. Il n’hésite pas de suivre la jolie mère de ses enfants dans les rues, la harceler sur son lieu de travail et de s’en prendre à ses collègues tout autant qu’à son employeur. Le 13 décembre, il surprend les trois femmes dans un véhicule et les frappera toutes les trois. Sa fille tentera de s’interposer pour protéger sa maman elle « … lui mettra un coup de pied et lui tirera la joue ». Alors, son papa l’attrapera par un bras et la lancera violement sur le siège auto. Ce qui explique la présence de la petite fille parmi les parties civiles. « Je veux qu’ils restent ensemble, mais qu’il arrête de taper maman » confiera l’enfant aux enquêteurs. Toutes les trois réussiront à fuir pour se réfugier à la gendarmerie. Lorsque les militaires établiront un contact téléphonique avec le compagnon frappeur, celui-ci leur déclarera : « Je n’hésiterai pas à tuer un gendarme ». Ce qui aggrave son cas d’une menace de mort sur personne chargée d’une mission de service public. Le prévenu reconnaît les faits entièrement, minimise quelques coups, mais ne cherche pas à tergiverser. Il a une vieille habitude des prétoires. Il a été condamné à 13 reprises, plusieurs fois pour vols aggravés et une fois pour violence avec arme. Au total, il aura passé 15 ans de sa vie en prison. Ajouter à cela de  graves problèmes d’alcool et un passé de grand consommateur de haschich, il est de plus en plus difficile de comprendre ce qui a pu rapprocher ces deux personnes. Il est en récidive légale, en octobre 2015, d’autres violences sur sa compagne lui avaient valu un « rappel à la loi » qui n’a pas eu beaucoup d’effet. Il est condamné à un an de prison dont six mois avec sursis et mise à l’épreuve avec obligation de soins et de travail et 500 euros d’amende pour les menaces de mort au gendarme. Interdiction de rentrer en contact avec les deux parties civiles adultes, mais le tribunal laisse au juge des affaires familiales le soin de gérer la garde de ses enfants. Il tend ses poignets aux policiers et fait signe à sa fille qu’il veut un bisou. La maman pousse la fillette et l’encourage à aller l’embrasser, les policiers autorisent le contact avant d’accompagner le reconnu coupable à Mailloles.